Hi Beach (Nice)

16 août 2008

Verdict : GROIN DE PLOMB

Adresse : 47 Promenade des Anglais 06000 Nice

Téléphone : 04 97 14 00 83

Disponibilités : ouvert tous les jours de 9h à minuit

Tentative risquée, s’il en est, que d’espérer découvrir une bonne adresse de cuisine en se rendant sur une des plages privées de la Baie des Anges.

Et pourtant un détail important aura éveillé notre curiosité concernant le restaurant de la Hi Beach : une carte signée par un célèbre chef résidant à Nice. Ce chef - Keisuke Matsushima – une large majorité des niçois n’en a sans doute jamais entendu parler, mais c’est pourtant dans leur ville que, depuis des années, il a ouvert une discrète enseigne (Kei’s passion), qui fait maintenant parti de cette, petite, liste de lieux au sein de laquelle un amateur de gastronomie aisé en voyage choisira ses étapes culinaires en arrivant dans la capitale azuréenne.

Qu’on ne s’y trompe pas : monsieur Matsushima n’est pas aux fourneaux à la Hi Beach, mais la carte qui vous est proposée ici a été composée par lui. Étonnante pratique, et qui laisse rêveur quant à la part d’imputabilité du contenu des assiettes au talent de ce chef…

Premier constat : des tarifs élevés, comme on pouvait raisonnablement s’y attendre pour un lieu à la mode, à la clientèle aisée, internationale autant que locale. Comptez 11 à 18€ pour une entrée, 24 à 32€ pour un plat de résistance et 23 à 35€ selon la quantité de sushi désirée. Le reste des tarifs étant, bien sûr, à l’avenant.

Daurade grillée, filet de bœuf, poitrine de cochon, burgers maison avec leurs frites, sushis… la thématique est ici plutôt consensuelle, sans doute adaptée au public visé, avec quelques rappels toutefois du terroir local : des gnocchis accompagnant le loup et une salade niçoise notamment.

Les ennuis commencent lorsqu’arrive sur votre table la tarte à la crème actuelle de nombreux restaurants : les petits pains aux ingrédients multiples (au blé, aux noix, aux figues…) insuffisamment maîtrisés, trop durs, et ne sortant pas, de toute évidence, dans la minute qui a précédé du four d’un boulanger en cuisine.

On poursuit avec des sushi de saveur moyenne, très moyenne, surtout lorsque la carte est signée par un chef japonais (spécialiste de cuisine française toutefois), avec, pour une trentaine d’euros, seulement 5 nigirizushi (dont un seul au thon) et 5 makizushi, sans omelette et sans salade ou soupe. Très léger, même lorsque les vagues de la Méditerranée clapotent à seulement dix mètres de vous, sous le soleil.

Côté cuisine française vous n’aurez droit qu’à un unique filet de loup, bien cuit, sans étincelle de génie, avec des gnocchis seulement acceptables.

Pour le dessert, le tiramisu, “de Kei”, ne fait pas honneur à la réputation de monsieur Matsushima, malgré la touche d’originalité apportée par une couche de gelée de pêche, intéressante, mais qui ne suffit pas à faire de l’ensemble une franche réussite.

Au total, vous l’aurez compris, une cuisine correcte, sans plus, mais des tarifs prohibitifs si on ne les rapporte qu’au contenu de l’assiette et pas à l’emplacement et au décorum de la Hi Beach. Amis gourmets, amis gourmands, passez votre chemin. Amis à la mode, aisés et bronzés, une nouvelle adresse à étrenner !


Restaurant du Gesu (Nice)

2 août 2008

Verdict : GROIN DE PLOMB

Adresse : 1 place du Jésus 06000 Nice

Téléphone : 04 93 62 26 46

Disponibilités : fermé le dimanche

C’est l’histoire tragique d’une triste et terrible chute.

Car si quelques années plus tôt le Restaurant du Gesu pouvait être considéré comme une institution culinaire du Vieux Nice, offrant une cuisine niçoise simple, authentique, sans manières et très abordable – passé qui explique sa présence dans presque tous les guides touristiques traitant de la Côte d’azur – ce lieu n’est plus, aujourd’hui, que l’ombre de lui-même.

Aussi, au risque de nous attirer les foudres des inconditionnels qui restent persuadés de déguster “au Gesu” les meilleurs gnocchis au gorgonzola de Nice, il est malheureusement temps de remettre certaines choses à leur place.
Le pain, maison ou semblant l’être, arrive sur votre table partiellement carbonisé, les tranches épargnées étant incroyablement fades. Vos beignets de courgette sont secs et insipides, mal cuits.
Débute alors un état de sidération face à une telle chute de qualité, état qui ne fait que s’amplifier lorsque trouve son chemin jusqu’à vous un plat principal digne du plus médiocre piège à touriste de la ville, accompagné de ses tristes pâtes industrielles.
Le masque tombe alors et le coup de grâce vous est donné par un dessert en partie carbonisé lui-aussi.

Conclusion rédhibitoire : si le Restaurant du Gesu a gardé sa fière devise “Aqui si mangia ben”, on cherche encore en quoi il pourrait avoir conservé une partie de son intérêt culinaire.


Boulangerie Zambetti (Nice)

31 mai 2008

Verdict : GROIN DE PLOMB

Adresse : 23 avenue Malausséna 06000 Nice

Certains signes – devanture, quantité et type de la clientèle, coup d’œil sur les propositions de mets, impression générale – indiquent souvent au Gourmet la qualité d’un établissement au premier coup d’œil. Mais, heureusement sans doute, même lorsque tous ces signes semblent s’orienter vers la catégorie “Mauvaise adresse”, un vague remord s’insinue en nous : “et si…”.

Malheureusement, ce n’est pas l’enseigne niçoise Zambetti qui infirmera la règle du premier coup d’œil : ici mauvaise impression (mais bel emplacement) rimera avec mauvais repas, allongeant la liste de ces boulangeries qui tentent de se renouveler en proposant terrasses et en-cas pour le midi mais ne sont pas en mesure de vous vendre autre chose que des sandwichs industrialisants insipides sous emballages plastiques.

Les pâtisseries ne rattrapent pas l’ensemble, hélas…


À l’étage (Nice)

17 mai 2008

Verdict : GROIN DE PLOMB

Adresse : 4 avenue de Verdun 06000 Nice

Téléphone : 04 93 82 40 36

Disponibilités : ouvert de 9h à 19h

Il est toujours difficile de devoir sanctionner un accueil plutôt sympathique ainsi que l’originalité d’un lieu : un discret appartement situé au premier étage d’un immeuble résidentiel. Hélas la règle des 2 petits cochons est claire : seuls comptent le talent du chef et ses tarifs, uniquement.

Ici le contenu de votre assiette n’est pas digne d’un vrai restaurant, et un risotto raté – n’hésitons pas à employer les mots qui conviennent – vous fera regretter votre passage entre ces murs.

Le lieu fait aussi office de salon de thé à votre convenance et propose des activités extra-gustatives (relaxations de groupe ?), peut-être ces aspects mériteraient-ils que l’on s’y intéresse… mais quant à la cuisine c’est non.


Le bistrot d’Antoine (Nice)

2 mai 2008

Verdict : GROIN DE PLOMB (verdict antérieur : Bon Groin)

Adresse : 27 rue de la Préfecture 06000 Nice

Téléphone : 04 93 85 29 57

Disponibilités : fermé le dimanche

Mise à jour du 13/09/08 :
Deux visites récentes au Bistrot d’Antoine nous ont laissé un goût tristement amer. Un pain qui a perdu à la fois en quantité et en qualité, des plats maintenant bien trop salés – avec à la clef un résultat à la limite du supportable – un patron passant son temps à faire des reproches à voix haute à sa jeune équipe de serveurs.
Quelle chute de qualité en seulement quelques mois !, et une adresse qui ne devient tout simplement plus recommandable : nouveau verdict GROIN DE PLOMB. Jugement sévère sans doute, mais à la hauteur de notre déception.

Cantine de nombreux avocats du Palais de justice tout proche (bon sang ne saurait mentir !), cette adresse du Vieux-Nice mérite votre attention.

Ici on sait cuire des ingrédients de qualité et les proposer à des tarifs modiques : environ de 7 à 16 € pour chaque entrée ou plat, avec dans l’assiette des propositions simples et savoureuses. Mention particulière à un pain tout à fait correct.

Malheureusement le pain sera ici plus qu’un simple accompagnement et, faute de portions suffisantes, il vous faudra sans doute en faire une consommation copieuse pour vous sustenter totalement. Dommage.

Pourrait-il en être autrement lorsqu’un chef nous propose des plats véritablement dignes d’un – petit – restaurant à des prix serrés ? Difficile sans doute, alors ne soyons pas trop sévères, et ce même si les desserts sont insatisfaisants par rapport à l’ensemble.

Pensez à réserver – la veille suffira le plus souvent – le lieu est petit et les habitués nombreux.